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History & Tradition

Petite histoire du ligotage

Le début de l'hojojutsu
La dualité Shibari/Kinbaku
Le bondage de fusion
L'usage de termes japonais dans le bondage occidental

 

Si vous voulez faire un apport à cette base de renseignements, nous vous invitons à nous envoyer tout article pertinent (de préférence ceux appuyés par des références érudites). Nous encourageons les contributions venant de membres reconnus de la communauté, ou même des points de vue plus informels, et n'hésitez pas à nous indiquer s'il y a une erreur dans nos articles, nous souhaitons être une référence précise.

Quelles sont les origines du ligotage

Les premières cordes que l'on a découvert remontent aux environs de l'an -2800 en Asie1. Il serait curieux de croire que personne n'a profité de cette invention pour attacher une autre personne pendant les quelques millénaires qui nous mènent à l'époque d'Edo au Japon, mais c'est cette période-là (de 1603 à 1867) qui est couramment citée comme marquant le début de la pratique moderne du ligotage.

 

Le début de l'hojojutsu

Vers la moitié du XVème siècle, des guerriers japonais ont développé des méthodes pour rapidement capturer un ennemi sur le champ de bataille grâce à des cordes, et dès le début du XVIIème siècle la corde était un outil principal des forces de l'ordre2. Cet art martial couramment appelé hojojutsu3 consistant à capturer, attacher et restreindre des criminels (ou des suspects) a continue à évoluer pendant plus de 200 ans avant de commencer à disparaître de la société.

L'hojojutsu est maintenant un art martial assez méconnu, mais toujours pratiqué au Japon, et dans d'autres pays à travers le monde entier.

 

Caractéristiques des cordes utilisées traditionnellement par le hojojutsu

La majorité des écoles (appelées Ryu) utilise deux cordes principalement : une corde plus courte pour la capture elle-même, et une corde plus longue pour restreindre la personne. Les cordes plus longues, dites "principales", ne suivaient pas un modèle précis et unique, et différaient à de nombreux niveaux. Cependant, quelques caractéristiques communes émergent :

  • Toutes les cordes étaient faites à partir de fibres naturelles, principalement en jute, mais aussi en chanvre et même en lin, beaucoup plus rarement.
  • Les "longueurs" de cordes, les "Ken" en japonais ( ?)4,  se mesuraient directement en écartant les bras. Les cordes les plus courtes faisaient deux envergures de bras et servaient à la capture initiale (ce sont les cordes hayawana, que l'on traduit couramment par "corde rapide") et pouvaient faire jusqu'à quatorze envergures pour la corde principale (hon nawa/honnawa).

 

Consultez le lien suivant pour plus de renseignements sur les cordes en usage pendant la période d'Edo (Lien disponible prochainement).

 

La dualité shibari/kinbaku

Le ligotage dans la pratique érotique actuelle est fortement influencé par les liens et techniques du Hojojutsu. C'est une influence bien documentée, mais il y a une division dans la communauté BDSM occidentale au niveau de la terminologie à employer. Deux termes sont couramment utilisés pour décrire le ligotage influencé par le Japon  : le shibari et le kinbaku.

Ces deux termes ont été adoptés par la communauté BDSM ainsi que les artistes qui travaillent aux frontières de l'érotisme. A Jade Rope, nous avons remarqué une dualité dans l'usage de ces deux mots. Nous ne prétendons pas que l'un des termes est plus juste que l'autre, et nous ne disons pas non plus que le shibari est une activité différente du kinbaku. Cependant, nous n'utilisons pas ces mots comme des homonymes ; nous pensions que l'intention derrière le fait de ligoter quelqu'un indique le terme à employer.


A notre sens, si un lien ou une technique est utilisé dans le contexte d'un art martial, cette intention fait que l'acte relève du hojojutsu. De même, nous pensons que si le même lien est utilisé avec une pose artistique, où l'accent et surtout l'intention de l'attacheur sont portés par l'esthétique, alors il s'agit de shibari, et enfin si ce lien est utilisé dans une scène empreinte de sexualité, le terme de kinbaku est le plus approprié pour cette activité.

Ce résumé est à l'intention de nos lecteurs afin qu'ils comprennent comment nous avons identifié et distingué les diverses disciplines liées du bondage. Il s'agit simplement de notre avis.

Au Japon, ce point de vue ne serait considéré que comme étant un peu plus exact que bien d'autres efforts maladroits visant à définir une activité bien spécifique à cette culture. Le paragraphe en bas de la page explique en plus grands détails l'usage de mots japonais dans la pratique du bondage occidental.

Étant donné la richesse des influences historiques et traditionnelles sur le shibari et le kinbaku, nous avons créé une section dédiée à ces deux disciplines sur notre site. Vous pouvez consulter notre page shibari ou notre page kinbaku en suivant les liens, ou en cliquant sur la discipline qui vous intéresse via la colonne de navigation sur la gauche.

 

Le bondage fusion

Le terme anglais de "fusion" s'applique au bondage d'origine occidentale qui emprunte des éléments tirés de la tradition japonaise. L'influence du kinbaku est indéniable, mais le bondage de fusion ignore le plus souvent les limites inhérentes à la méthode (ou plutôt aux méthodes) et ses évolutions au cours des siècles.

Si une partie de la beauté et de l'attrait artistique du kinbaku et du shibari s'efface, cette discipline a introduit de nombreuses innovations qui peuvent être bénéfiques à toute forme de ligotage.

Quelques-unes des caractéristiques du bondage fusion :

  • Les liens restreignant tout le corps utilisent une seule corde (ce qui se rapproche des origines de l'hojojutsu) alors que le kinbaku a plutôt adopté des cordes d'une longueur traditionnelle de 7 mètres, qui sont ensuite attachées ensemble si nécessaire.
  • Les cordes en matières synthétiques, en particulier les cordes tressées en nylon, sont beaucoup plus répandues dans le bondage occidental.
  • Le diamètre des cordes utilisées est souvent plus large, de 8 à 10 mm, alors que le shibari et surtout le kinbaku utilisent des diamètres de 5 à 6mm.

A noter que si certaines de ces caractéristiques sont aujourd'hui associées au bondage de fusion, on trouve des antécédents historiques dans l'hojojutsu. Il a fallu quelques siècles pour que les longueurs de cordes utilisées dans la pratique de Torinawa soient standardisées, et on utilisait couramment de longues longueurs couramment, jusqu'à 11,5 Ken (21 mètres).

 

Notes de bas de page

  1. Des morceaux de cordes fossilisés datés de -15,000 ont été découverts en Europe, et des outils pour tresser des cordes ont été trouvés en Égypte autour de l'an -4000
  2. Des archives existent indiquant que des prisonniers étaient ligotés dès l'époque de Heian (autour de l'an 800), et on peut supposer que l'on se soit servi de cordes pour restreindre des gens bien avant cela. Cependant, c'est pendant l'époque d'Edo que le ligotage est devenu une forme d'art et non seulement un moyen pratique.
  3. D'autres noms plus rares existent : Torinawajutsu, Hobakujutsu et Hojo-jitsu. Torinawajutsu et Hojojutsu correspondent à deux prononciations différentes des mêmes caractères kanji.
  4. Après la période d'Edo, le "Ken" mesurait officiellement 1m82 mais il était défini comme égal à 6 "Shaku", or la longueur du shaku a changé au fil du temps de 23,1 cm à 30,3 cm lors de sa standardisation en 1891.

 

 


L'usage de termes japonais dans le bondage occidental

Des mots comme "shibari", "kinbaku" et surtout "nawashi" (parmi d'autres) sont des emprunts à la culture japonaise et ne peuvent pas être traduits littéralement de manière fidèle. Il est également impossible de les traduire de manière symbolique tout en préservant leurs origines culturelles ancrées dans l'art du bondage tel qu'il a été pratiqué au Japon pendant des siècles. Les mots kinbaku et shibari ont maintenant deux sens : le sens historique tel qu'employé en japonais, et le sens nouveau employé dans la terminologie du ligotage à l'occidentale. Toutes les références sur ce site renvoient uniquement aux quatre mentalités différentes présentes dans le monde du bondage occidental.